top of page
Rechercher

À contre-courant…

  • Photo du rédacteur: Karine Aymon
    Karine Aymon
  • 10 févr.
  • 4 min de lecture

C’est la sensation qui m’envahit souvent.


J’aime la lenteur, le fait main, le fait maison. Je me refuse à croire qu’on peut créer une bonne confiture en 20 minutes, vaisselle comprise.


Un autre sujet m’interpelle de plus en plus. Je ne sais pas comment l’aborder. Tantôt révoltée, tantôt résignée, puis portée par la normalité de cette époque « moderne ». Le sujet dérange.


À quel moment ne pas détester l’autre sexe est devenu problématique ?


Dans ma réalité gravitent autour de moi des groupes exclusivement réservés aux femmes, des thérapeutes réservées aux femmes, des espaces de parole réservés, une fois de plus, aux femmes. Et même dans des groupes dits mixtes, on finit par avoir cette femme qui déteste les hommes parce que « ils ne peuvent pas comprendre », et qui arrive à tous les faire fuir… et moi avec.


Comment voulez-vous obtenir l’égalité en passant votre temps à détruire et à rabaisser l’autre partie ? Je ne généralise à aucun moment ces lieux réservés aux dames, mais ceux qui le sont et dans lesquels on nous promet de nous apprendre à devenir fortes et autonomes. Alors qu’en grattant un peu, le projet repose sur comment faire comme un homme, tout en les évinçant de la partie.


À ce stade, tu commences peut-être à comprendre mon hésitation à écrire cet article, et surtout la difficulté à trouver les bons mots. Pas ceux qui blessent, ni ceux qui accusent. J’aimerais trouver les mots qui mettent en évidence cette disparité. J’aimerais comprendre comment nous en sommes arrivées à détester ceux que nous aimerions devenir. Comment ce désir d’égalité que tout le monde prône me dérange au plus haut point.


Je ne suis pas là pour nier les faits, mais simplement pour mettre en évidence cette différence qui nous rend si uniques. Si l’on arrêtait de vouloir à tout prix une égalité qui n’existera jamais, et si l’on essayait simplement d’être des femmes et des hommes à part entière, d’être dans la puissance de chacune de nos capacités, aussi différentes que complémentaires les unes des autres.


J’aime beaucoup le mot équité.

« Il repose sur la volonté de comprendre les gens et de leur donner ce dont ils ont besoin pour s’épanouir. »


Mais avant de comprendre les autres, il serait peut-être temps de se comprendre soi-même. Apprivoiser nos réactions, notre caractère. Identifier ce que l’on aime, nos limites. Développer notre estime de soi avant de juger celle des autres.


J’ai d’abord voulu partir en guerre contre tous ceux qui niaient l’existence de ce que je n’aime pas appeler « la charge mentale », qu’elle soit celle des hommes ou celle des femmes.


Je me suis ravisée en me disant que le problème était peut-être cette envie d’égalité à tout prix. Je ne parle pas ici de travail égal, salaire égal, mais bien de cette égalité absolue, imposée.


Ces réflexions me travaillent depuis quelque temps déjà, pendant que la vie continue son cours.


Je m’exerce depuis quelques mois, et même quelques années, à ne pas juger le comportement des autres. Nous avons chacun notre réalité et pensons faire au mieux à l’instant où nous faisons les choses. J’essaie aussi de tourner les situations en positif. Essaie cet exercice : lors d’une discussion, contre chaque phrase négative de ton interlocuteur, réponds par du positif. Il est toujours plus simple de se plaindre que de s’exalter à la moindre situation. Je serais curieuse d’avoir ton retour sur le sujet.


Ces petits changements dans ma façon d’échanger m’ont fait prendre conscience que juger les femmes qui détestent les hommes, et inversement, ne fait pas partie de mes valeurs.


Une amie m’a aussi questionnée sur pourquoi cela me tenait tant à cœur de parler ainsi des hommes, et pourquoi j’avais cette envie de leur rendre « justice », parce qu’eux n’ont rien demandé — en tout cas pas ceux que l’on côtoie régulièrement. Nos parcours avec les hommes sont foncièrement différents depuis notre plus jeune âge : elle, plutôt machiavélique ; moi, plus candide.


De nos échanges a découlé le constat que les hommes de ma vie étaient tous, d’une manière ou d’une autre, en souffrance. Souvent physique, mais le plus souvent mentale. Enfermé dans des vies qui ne leur correspondent pas, avec des histoires que l’on ne raconte pas au comptoir avec les copains, ni à leur femme par peur du jugement. Des trahisons, des humiliations, ou même des traumatismes liés à des choses qu’ils n’auraient pas voulu voir, mais que de par leur métier ou leur statut, ils taisent et ravalent leurs larmes.

(Attention, je ne généralise pas. C’est et cela restera mon ressenti, de par mon expérience.)


Et comment, si l’on n’ose avouer à son entourage nos difficultés, s’avouer à soi-même que prendre soin de nous serait judicieux ? Que ce soit un moment de détente, un massage, une visite chez le psy ou chez un thérapeute qui nous inspire, quelle que soit sa discipline. La pression sociale n’est toujours pas d’une grande aide dans ce cas de figure.


Un autre ami, quant à lui, lorsque je lui ai évoqué un peu cette injustice que je percevais et que je lui ai expliqué les dissonances que je constatais, a d’abord acquiescé à mon ressenti, puis m’a dit :

« Karine, il ne va pas falloir l’expliquer comme ça. »


J’étais encore un peu trop dans cette phase de révolte, qui n’apporte à mon sens rien de bon.


Si je dois apporter une conclusion :et si l’on essayait d’apprendre un peu plus à se connaître soi-même, à prendre soin de notre santé — qu’elle soit physique ou mentale — et à accepter notre propre rythme et nos propres besoins, sans jugement aucun ?Le tout en laissant de l’espace à ceux qui nous entourent, pour qu’eux aussi puissent prendre le temps nécessaire à leur bien-être.


À trop vouloir prendre soin des autres, on finit parfois par les étouffer.

 
 
 

Posts récents

Voir tout
Choisir ce dont on veut se souvenir

J’avais commencé à écrire un article qui parlait de mes expériences négatives au sujet de la grossophobie (il y en a des choses à dire, j’avais déjà tapé trois pages). C’était comme une preuve d’être

 
 
 

Commentaires


bottom of page